Gavroche Thénardier
Là où le pavé résonne, mon cœur s’enflamme, Là où la vérité saigne, j’ai forgé mon âme. Je suis Gavroche, ni héros, ni soldat, Un gamin brûlant, qui chante sous l’éclat. Les pères s’éteignent dans les feux de la guerre, Leurs ombres me hantent dans la nuit sans lumière. Sur les barricades, je respire la cendre, Où balles et mort dansent, prêtes à se rendre. Les balles sifflent, comme un vent de printemps, Le sang coule en ruisseaux, mon esprit se défend. Je suis maître des pierres, des murs et du feu, Ma barricade porte mon espoir audacieux. Dans la boue et la fumée, je tiens jusqu’au bout, Ma voix perce la nuit, plus forte que tout. À travers les blessures, la douleur sans fin, Je ris vers le ciel — mon dernier refrain. Hé, messieurs, dans vos rêves de pierre, Vous tremblez devant nos guenilles fières ! Je suis Gavroche, l’enfant du dernier matin, Je prends vos balles sur vos soldats défunts. Vous craignez, barons, derrière vos murs froids, Mais mon rire est un glas qui brise vos lois. Je suis Gavroche, né du pavé brûlant, Ma voix vit là où vous mourez lentement. J’arrache un képi d’un grenadier à terre, Me cachant dans l’ombre de la nuit austère. Les balles, tels des frelons, sifflent leur colère, L’une d’elles fait de ma douleur un enfer. Je tombe, invaincu, face à la mort glacée, Mes yeux la défient, comme l’aube embrasée. « Où vas-tu, vagabond ? » — rugit l’officier. « Aux armes ! » je crie, tombant dans l’éternité.
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