Tu avais vingt ans
Paris, vendredi 13 novembre 2015. À 21h20, le Stade de France. À 21h25, les terrasses du 10e et du 11e arrondissement. À 21h40, le Bataclan. En moins d'une heure, trois commandos frappent la capitale. Cent trente morts. Quatre cent treize blessés. Le pire attentat jamais commis sur le sol français. Dix ans plus tard, on sait. On sait qu'Abdelhamid Abaaoud, chef opérationnel du commando, était fiché, recherché par mandat d'arrêt international belge, et qu'il a traversé l'Europe comme une lettre à la poste. On sait que Salah Abdeslam, contrôlé au petit matin du 14 novembre, a été laissé repartir, et qu'il a tranquillement rejoint Molenbeek où il se cachera quatre mois. Dix ans plus tard, la France a pleuré, chanté, allumé des bougies. Puis elle a tourné la page. Les ministres sont partis. Les rapports dorment dans les tiroirs. Les frontières restent des passoires. Et d'autres Abaaoud marchent, quelque part. « Tu avais vingt ans », c'est la voix d'un père qui a perdu son enfant ce soir-là. Un père qui refuse de se taire. Un père qui nomme les complaisances, les lâchetés, les silences qui ont permis que cela arrive, et qui continuent à le permettre. Cette chanson est dédiée à toutes les familles des 130. Parce que leurs noms valent mieux qu'une minute de silence annuelle. On n'oublie pas. "Tu avais vingt ans" Couplet 1 Tu voulais voir ce groupe venu d'Amérique Tu avais vingt ans, l'avenir dans les mains Tu m'as lancé « à demain » d'un sourire électrique Sans savoir que le ciel t'arracherait au matin Vingt-et-une heures quarante, la salle s'est figée Trois hommes en noir entraient les fusils levés Ils ont fauché ton rang, ils ont fauché l'été Ils ont fauché l'enfant que tu étais Pré-refrain Quatre-vingt-dix tombés dans la fosse du Bataclan Trente-neuf sur les terrasses un soir d'automne froid Cent trente vies fauchées par des ombres d'ouragan Et parmi ces cent trente, il y avait mon fils à moi Refrain Ils savaient tout, ils nous l'avaient prédit Abaaoud franchissait nos frontières aisément Fiché, traqué, pisté, mille fois averti Mais chez nous il passait comme un spectre dans le vent Tu avais vingt ans, mon fils, ma fierté, ma lumière Et la France assoupie a laissé passer la nuit Tu avais vingt ans, et la France en manque de repères N'a pas su te sauver quand l'aube a refleurit Couplet 2 Les caméras l'ont vu, les services savaient Verviers, Villejuif, le Thalys déjoués Huit mois que les signaux rouges clignotaient Et Bruxelles souriait de nos douanes percées Ils sont venus par les routes ouvertes de l'été Ils sont entrés dans Paris sans qu'un agent ne fouille Molenbeek les cachait, Saint-Denis les hébergeait Pendant qu'en haut on nous préparait une douille Pré-refrain Salah Abdeslam contrôlé puis relâché à l'aurore Quatre longs mois d'errance avant qu'on ne l'arrête Dans son propre quartier, il marchait encore Pendant qu'on rédigeait à nos morts des épithètes Refrain Ils savaient tout, ils nous l'avaient prédit Abaaoud franchissait nos frontières aisément Fiché, traqué, pisté, mille fois averti Mais chez nous il passait comme un spectre dans le vent Tu avais vingt ans, mon fils, ma fierté, ma lumière Et la France assoupie a laissé passer la nuit Tu avais vingt ans, et la France en manque de repères N'a pas su te sauver quand l'aube a refleurit Couplet 3 On nous a dit « ce n'est la faute de personne » On nous a dit « surtout pas d'amalgame » On a posé des fleurs au pied des colonnes On a chanté l'amour pour endormir le drame Dix hivers ont passé, les ministres sont partis Les rapports sommeillent sous les classeurs dorés Nos frontières sont toujours des passoires d'idolâtrie Et d'autres Abaaoud dans le métro sont entrés Ton nom gravé repose sur la pierre silencieuse Non loin du Bataclan, sous l'ombre d'un platane Les fleurs vont, les fleurs viennent, audacieuses Et moi j'y viens chaque jour où la douleur se pavane Refrain final Tu avais vingt ans, ils t'ont volé ta vie Et la République a pleuré trois minutes à peine Tu avais vingt ans, et dix années ont fui Sans que rien ne rompe le cours de leur antienne Mais je te jure, mon fils, ma fierté, ma lumière Que tant que ton père tiendra debout sur terre Ton nom sera chanté, ton sang sera compté Et les lâches d'en haut n'auront pas fini de trembler Outro Tu avais vingt ans... Tu avais vingt ans... Et la nuit s'est tue. © Voix des Cendres Musique générée avec Suno AI Toute reproduction, rediffusion ou utilisation commerciale est interdite sans autorisation écrite de l'auteur. #13Novembre #Bataclan #NoublionsJamais #130Victimes #AttentatsParis #Abaaoud #Abdeslam #StadeDeFrance #TerrassesParis #Molenbeek #FichéS #ÉchecRenseignement #TerrorismeFrance #MémoireFrançaise #HommageVictimes #TuAvaisVingtAns #VoixDesCendres #VoixDeCendre #FolkRockFrançais #ChansonHommage #ChansonEngagée #ParisTristesse #NovembreNoir #ForeverYoung
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